Les odeurs

Edward T. Hall, anthropologue étasunien, constatait dans La dimension cachée une perte de l’espace olfactif au profit des espaces  visuel et auditif. Voici la description qu’il faisait des États-Unis à l’époque. Une question me taraude l’Europe deviendrait-elle aussi une zone olfactivement neutre ?

« Dans l’usage de leur appareil olfactif, les Américains sont culturellement sous-développés. L’usage intensif des désodorisants, l’habitude de désodoriser les lieux publics, ont fait des U.S.A. un pays olfactivement neutre et uniforme dont on chercherait en vain un équivalent ailleurs. […] Nos villes manquent de diversité à la fois sur le plan olfactif et sur le plan visuel. Au contraire, quiconque parcourt les rues de pratiquement n’importe quels ville ou village européens est assailli d’indications variées. Dans les villes de France, on pourra savourer le parfum du café, des épices, des légumes, des volailles fraîchement plumées, de la lessive, ainsi que l’odeur caractéristique des terrasses de café. Des sensations olfactives de ce type contribuent à créer une impression de vie ; et les passagers et transitions d’une odeur à l’autre ne servent pas seulement de points de repère aux habitants mais ajoutent du piquant à la vie » (Hall 1978 : 66 , 70-1).

Source : HALL Edward T. La dimension cachée. Paris : Seuil, 1978. 254 p.

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