Coups de cœur gourmands à Wellington, suite et fin

Nos coups de cœur comestibles dans la coolest little capitale, suite de ce billet.

Wellington, foodiest little capital / Crédits photo: Xuxu pour Alma mat(t)ers

2. Little Penang

Lunch malaisien yummy yummy chez Little Penang / Crédit photo Xuxu-Alma mat(t)ers

Dans la famille restau cheap et délicieux, je demande Little Penang, alias la référence en matière de bouffe malaisienne à Wellington.

L’endroit étant aussi celui où j’ai célébré ma démission d’un petit boulot naze au sein d’un endroit détestable, il aura toujours pour moi un petit parfum de révolte et de liberté, ce qui ne gâte rien.

Cadre agréable, prix très raisonnables, plats réconfortants, épicés et savoureux, ambiance authentique, simple et décontractée… que demander de plus ?

Filez vous empiffrer de Nasi Lemak ou de Bami Goreng ! (Ensuite vous pourrez faire les intéressants sur Instagram avec un hashtag nul genre #foodadventures) (Oui, comme moi quoi)

Alternative : Aunty Mena’s, l’option végétarienne & végétalienne sur Cuba Street. Très bon aussi, j’ai simplement moins aimé l’atmosphère générale et c’était un peu trop surfait à mon goût (comme la Nouvelle-Zélande en général, haha). Oui c’est un argument arbitraire de hipster qui ne veut rien dire, et alors ?

  1. Five Boroughs
Dîner aussi délicieux que mal photographié chez Five Boroughs / Crédit photo Xuxu-Alma mat(t)ers

Dans la catégorie « burgers et bières pression ou cocktails fancy dans une ambiance relax sans trop de hipsters (justement), je demande Five Boroughs, alias le restau au personnel le plus sympa du monde (lire : ils ont fait semblant de comprendre notre accent et nous ont fait une ristourne sur l’addition. DEUX FOIS.)

Là c’est un tout petit peu plus cher mais ça reste abordable quand même –selon les prix néo-zélandais, on s’entend.

Allez-y lors d’une soirée pluvieuse avec un-e ou plusieurs bon-ne-s ami-e-s, installez-vous sur une banquette, n’oubliez pas de prendre leurs savoureuses frites épicées avec votre burger ou votre sandwich de compétition et profitez des lumières tamisées pour enchaîner les verres sans que personne ne remarque votre fort disgracieuse intolérance génétique à l’alcool.

Alternative : Ne boudez pas la chaîne de « burgers gourmets » Burger Fuel, c’était notre péché mignon. En plus, ils proposent de vraiment bonnes options végétariennes et végétaliennes. Et allez boire un verre à The Library ensuite, un bar-bibliothèque à la déco et au concept très sympas. Si vous avez la végane attitude jusqu’au bout, optez pour le restaurant Chow, qui offre un vaste choix de cocktails inventifs dont un chocolat-matcha végane.

  1. Moore Wilson’s

Dans la catégorie « je suis un-e bobo qui aime les produits locaux, la bouffe de rue et la poudre de betteraves pour fabriquer mes baumes à lèvres maison », entrez dans le monde merveilleux de Moore Wilson’s, alias l’épicerie en forme de marché fermier. Pour les lecteurs montréalais, c’est un peu comme si le marché Jean-Talon avait eu un rejeton illégitime avec Rachelle-Béry et avait décidé de le faire adopter par la Nouvelle-Zélande. « Va mon enfant, tes caissiers auront un accent chelou et tu vendras des kumaras, des feijoas et du fromage local beaucoup trop cher. Mais les mêmes granos parcourront tes allées, frustrés que le brocoli mauve ne soit pas en spécial. One love. »

Pour la petite histoire, j’ai découvert Moore Wilson’s par hasard, au détour d’une jalousie culinaire envers un physicien allemand (les meilleurs histoires commencent toujours avec un physicien allemand, sachez-le).

Nous vivions à l’époque dans une coloc’ de 13 personnes tapissée de portraits de Jésus.

Dans l’unique cuisine exiguë se succédaient Frankie, la britannico-kiwi persuadée de parler français couramment depuis qu’elle avait passé quelques années à Montcuq (ça ne s’invente pas des trucs pareils), son mari Dae-hee le boucher coréen qui chantait de la pop-rock chrétienne à ses heures perdues, une chanteuse d’opéra hyper relou dont j’ai oublié le nom, Mitchell-de-Dunedin le gentil asocial qui aimait nous faire la liste de tous les trucs qui pouvaient potentiellement nous tuer en Nouvelle-Zélande, de la météo aux ravins en passant par les avalanches (il avait oublié de mentionner l’ennui par contre), une jeune Française stagiaire en biologie marine qui ratait ses mousses au chocolat, et entre autres joyeux drilles notre préféré, le sobre et élégant Peter, physicien allemand de son état, donc.

Je soupçonne d’ailleurs Julio d’être tombé légèrement amoureux de lui. Il faut le comprendre : du haut de ses 2m50 et du plus profond de ses yeux bleus comme un ciel de Bavière un matin d’été, Peter-le-timide exsudait l’efficacité et la classe.

Bref, cet enfoiré de Peter se débrouillait toujours pour utiliser la cuisine à des heures indues, histoire de ne croiser personne. Comme on faisait exactement la même chose que lui, évidemment on se croisait tout le temps –mais entre asociaux ça nous dérangeait moins, et moins x moins donnant plus (attends moi aussi je suis bonne en sciences), la rencontre de nos introversions respectives donnait de charmantes conversations animées qui, de l’extérieur, auraient presque pu nous faire passer pour des individus socialement adaptés.

Cet enfoiré de Peter, disais-je donc, avait l’agaçante habitude de se concocter des petits plats systématiquement meilleurs que les nôtres, ce qui est tout de même vexant vous en conviendrez, venant d’un Allemand. Un jour, alors qu’on peinait sur une salade de riz dégueulasse, il a préparé une espèce de sauce aux oignons caramélisés et à la bière dont il a nappé d’un geste grandiloquent quelques légumes vapeur sur lit de purée et des saucisses artisanales au fumet enivrant.

Bon prince, il nous a fait goûter.

Et en chœur, nous nous sommes écriés :

– Wesh Peter vas-y, elles viennent d’où tes saucisses ?

D’un air faussement ingénu, il a répondu :

– Oh, du New World, elles étaient pas trop chères.

Ça c’est parce qu’il est poli et qu’il ne voulait pas nous dire « même pas en rêve vous pourriez vous payer ces saucisses bio-équitables-roulées à la main par des yogis centenaires, bande de pauvres, allez donc vous acheter des knackis. »

Dès le lendemain, nous sommes allés au New World tels des gueux sans personnalité gastronomique et bien sûr, pas plus de saucisses fancy que de beurre en branche. Pauvres mais ingénieux, nous avons googlé le délice en question : les saucisses L’Authentique (cet excellent produit est d’ailleurs l’œuvre d’un Français) pouvaient se trouver dans les rayons d’un certain Moore Wilson. Ni une ni deux, nous sommes partis en quête de nos Peking Maximus –après avoir fait un prêt à la banque bien sûr.

Et là, les portes du paradis comestible se sont ouvertes sous mes yeux émerveillés. Des produits frais en pagaille, du local, de l’exotique, du saisonnier, du fin, du gourmet, des meules de fromage, du kimchi bio, du yaourt de noix de coco, des sucettes au kombucha, de la raclette végane aux graines de chia du Pérou et j’en passe.

Je cherchais des saucisses, j’avais trouvé l’épicerie de mes rêves.

Cerise sur le gâteau, le Moore Wilson’s de Wellington est une lune autour de laquelle gravitent de délicieux satellites sous forme de bouffe de rue / camions-bars : une très bonne rôtisserie française (dont j’ai oublié le nom mais c’était un truc recherché du genre « le poulet rôti », ce qui doit probablement sonner hyper classe aux oreilles anglophones), les meilleurs sushis en barquette de la capitale (Miki Sushi) et deux pop-up shops qui variaient d’une semaine à l’autre mais proposaient toujours des gourmandises hyper-alléchantes.

Oh, et on peut aussi y boire un très bon café.

Bref, Moore Wilson’s, je t’ai aimé tu sais.

Alternative : Commonsense Organics. Plus petit, plus cher et plus axé bio, mais on y trouve aussi des trucs très chouettes indénichables ailleurs. Comme de la levure alimentaire slovaque ou des bananes bio un peu trop mûres étiquetées comme « baking bananas » et soldées à 50% du prix.

Voilà pour ce (très) mini et limité tour de piste foodie de la coolest little capitale. Je n’ai pas mentionné d’autres institutions telles que :

  • The Chippery (les meilleurs fish & chips)
  • Flight Coffee Hangar (conseil : prenez le trio de dégustation de Flat White avec un brownie maison et appréciez la vie)

    Plateau dégustation « coffee 3 ways » du Flight Coffee Hangar / Crédit photo Xuxu-Alma mat(t)ers
  • Seize (brunchs santé/véganes ou omnis de fou)
  • Ombra (cuisine italienne exquise et gressini maison enveloppés de jambon de Parme extrêmement phalliques, les meilleurs gnocchis de ma vie)

    Souper italien façon petits plats à partager chez Ombra / Crédit photo Xuxu-Alma mat(t)ers
  • Wellington Chocolate Factory (chocolats chauds et tablettes maison d’un prix exorbitant mais ça en vaut la peine car leur chocolat est d’une succulence absolue, uniquement concocté à partir des matières premières les plus pures –pour une de leurs tablettes, ils sont même allés chercher les fèves en voilier, c’est dire la motivation des mecs –ou leur degré de hipsterisme)

    Tablette Made in Pacific de la Wellington Chocolate Factory (un chocolat noir d’une finesse inouïe) / Crédit photo Xuxu-Alma mat(t)ers
  • Pizza Pomodoro (la seule pizza de NZ estampillée par les autorités napolitaines de la pizza, s’il vous plaît –oui oui c’est un vrai truc)
  • Les pâtisseries succulentes de French Cancan ou du café La Cloche (évitez Bordeaux Bakery à tout prix, c’est trop cher, surfait, pas bon, et le patron a une réputation exécrable auprès d’environ 100% des personnes ayant travaillé pour lui).

    Millefeuille et gâteau choco-framboise de chez French Cancan / Crédit photo Xuxu-Alma mat(t)ers

…par pure flemme, mais c’est désormais chose faite.

Et vous, quelles sont vos bonnes adresses à Welly ? N’hésitez pas à partager en commentaires.

 

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