Lecture gourmande

Souper mortel aux étuves

Ce livre m’a été offert par mon père, passionné d’Histoire, en me disant : « Tu vas adorer. Tu découvriras la cuisine du Moyen-Âge et cela te permettra peut-être de te replonger dans la vie quotidienne de cette époque. » (Comprendre : ignare, toute l’énergie perdue durant ton enfance pour que tu ne te souviennes de rien).

Souper mortel aux étuves raconte donc l’histoire de Constance, jeune femme, qui souhaite venger le meurtre de son mari assassiné dans une étuve mal famée. À cette fin, elle s’y fait embaucher comme cuisinière. Se mêlent alors joutes culinaires avec le cuisinier en chef et enquête pour retrouver les assassins de son mari.

L’auteure, Michèle Barrière, historienne de la gastronomie, démontre tout son talent pour transporter ses lecteurs dans les cuisines du Moyen-âge en leur faisant découvrir ses parfums. Le monde culinaire, la vie quotidienne et l’atmosphère régnante dans différentes villes dont Bruges sont dépeintes avec exactitude. À la lecture de son récit, on peut aisément se représenter les tableaux de Pieter Bruegel. On y apprend que, durant cette période, la cuisine n’était pas aussi grasse que l’on l’imagine mais plutôt riche et imaginative, que la saveur acidulée était particulièrement appréciée tout comme les épices (et non pas pour masquer le goût des viandes avariées), que les amandes et leur lait étaient déjà un aliment en vogue [;-)]. Finalement, je trouve que l’intrigue n’est malheureusement pas très réaliste, tout comme l’histoire d’amour à la guimauve. Par contre, à mon plus grand bonheur, à la fin de l’ouvrage j’ai été ravie de trouver les différentes recettes citées dans cet ouvrage.

Un extrait :

 « Il faut savoir que la terre est l’élément le plus vil et que tout ce qui y pousse est à rejeter pour les personnes de haut rang. Il est clair qu’oignons, ail, échalotes, navets et poireaux ne peuvent être mangés que par ceux de petite condition. Puis vient l’eau dont il faut aussi se méfier. Les baleines qui nagent à la surface de l’eau sont meilleures que les crabes qui rampent dans les profondeurs sous-marines. L’air, par contre, est doté de toutes les vertus. Tout ce qui y vit est réservé aux nobles et aux oisifs. Mais n’oubliez pas que l’aigle est préférable au canard parce que l’un vole au plus haut du ciel et que l’autre patauge dans les mares » (p.145).

 

 

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