8 produits à ramener de la Réunion

C’est l’hiver en Nouvelle-Zélande et des pluies glaciales arrosent régulièrement Wellington, accompagnées de vents polaires dignes d’un temps cyclonique.  L’autre jour, en contemplant l’averse de grêle qui s’abattait sur nos carreaux, j’ai pensé avec nostalgie à la douceur des hivers réunionnais. A mon oncle qui, dès que le mercure descend en dessous de 22 degrés, sort son bonnet et son gros pull pour faire la sieste sur la terrasse. Et aux petits chanceux qui en ce moment même font leurs valises pour passer les vacances dans l’Océan indien. 

Crédit photo: Xuxu - Almamat(t)ers
Crédit photo: Xuxu – Almamat(t)ers

Que vous soyez touriste ou Réunionnais exilé, vous avez certainement déjà été confronté comme moi à ce dilemme: que rapporter d’un séjour à La Réunion? Comment condenser tout un univers de délices absolument indispensables dans 23 malheureux kilos de bagages? Notre île bien aimée est en effet un véritable paradis (entre autres) pour les gourmets et autres amateurs de produits gastronomiques artisanaux. Histoire de corser un peu plus l’affaire, de nombreuses gourmandises locales sont quasiment impossibles à dénicher à l’étranger, ou alors moyennant la vente d’un rein au marché noir dans certains cas. Il faut donc choisir vite (personne n’a envie de consacrer trop de son précieux temps de vacances à faire les courses), et choisir bien.

Heureusement pour vous, après des années de pratique j’ai mis au point une liste des indispensables comestibles à ramener dans la soute à bagages. Amis zoreilles, elle contient tout ce qu’il faut pour vous rappeler le doux parfum des vacances après la rentrée, et épater vos amis en les prenant par les sentiments, je veux dire les papilles. Compatriotes, elle vous permettra de traverser ces longs mois (bonus si vous êtes dans un péi la fré) d’exil sans pleurer d’amertume en pensant au tamarin que vous avez laissé sur le carreau -et en regardant les prix des Colipays.

  1. De la vanille !

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Oui, la vanille Bourbon est la meilleure au monde et oui, elle coûte le P.I.B. du Montevideo n’importe où ailleurs. Vous avez déjà assisté au triste, triste spectacle de ce petit couple de gousses sèches et racornies vendues dans un sachet plastique au rayon pâtisserie de l’IGA du coin ? Vous avez déjà vu combien ces deux malheureuses gousses-zombies coûtaient? Eh bien voilà.

Pourquoi ?

  • Le parfum, la saveur et la texture de la vanille fraîche sont inimitables, et donneront un arôme merveilleux à vos plats salés, sucrés, préparations alcoolisées, cosmétiques…
  • Quelques gousses et une bonne technique suffiront pour confectionner votre propre essence de vanille, le truc de frimeur ultime mais qui change la vie.
  • Une fois les graines des gousses utilisées, ne jetez surtout pas les écorces! Conservez-les dans votre bocal de sucre et vous obtiendrez le plus exquis des sucres vanillés.
  • Quelques gousses de vanille, éventuellement présentées dans un porte-vanille artisanal, constituent un superbe cadeau dont vos proches fins gourmets vous seront éternellement reconnaissants. (Cela reste un produit rare et précieux, ne l’offre pas à des casse-pieds).
  • Le simple fait de respirer le parfum de la vanille fraîche est un véritable baume à l’âme.

Où?

  • Sur le marché! En plus, cela vous donnera l’occasion (si ce n’est pas déjà fait) de flâner dans l’un des multiples marchés forains de l’île. Ambiance et émerveillement garantis. Mes préférés? En bonne dyonisienne, celui du Chaudron et celui des Camélias. (Le marché de Saint-Paul est très apprécié des touristes comme des locaux en raison de son envergure et de son côté pittoresque, mais de ce fait on y trouve malheureusement un peu trop d’attrape-touristes à mon goût). Depuis plusieurs années, je me fournis exclusivement chez le Dieu de la vanille, a.k.a. Jismy Desruisseaux (allez lire l’article, l’histoire de la vanille est passionnante!). Ses gousses sont extraordinaires, d’un noir profond, dodues, grasses, parfumées… Authenticité et qualité garanties.  En plus, Jismy est de très bon conseil et ultra-sympathique.
  • Attention! La vanille Bourbon reste un produit de luxe, même à La Réunion. Si vous en faites bon usage, je vous conseille d’investir dans un paquet de 70 à 100 gousses, ce qui vous offrira le meilleur rapport quantité-prix. Surtout, quoi qu’il arrive, ne cédez pas aux sirènes de la vanille Bourbon en provenance de Madagascar ou de Mayotte. Elle est certes moins chère mais d’une qualité médiocre (vous ne verrez peut-être pas la différence mais faites-moi confiance, elle saute aux yeux des vanillophiles) et, lorsque votre bonne affaire aura moisi dans votre valise ou séché en l’espace d’une nuit, vous ferez moins les malins. Toutes les informations sur la qualité de la vanille Bourbon de La Réunion ici.

Comment?

  • Pour le transport et la conservation de la vanille, n’hésitez pas à demander des conseils personnalisés à votre marchand (à Jismy donc, wink wink). Ne la sortez pas de son emballage d’origine si comme moi vous préférez qu’elle reste molle, humide et fraîche jusqu’à son utilisation. Si vous préférez la laisser sécher, ce n’est pas un problème. Gardez-la dans un emballage hermétique et à l’abri de produits qui pourraient la « contaminer » (faire voyager sa vanille avec son massalé = erreur de débutant).
  • Une fois arrivé à destination, pour que vos gousses gardent leur fraîcheur et leur sublime hydratation, conservez-les à la verticale dans un bocal en verre de type pour asperges ou spaghettis, de sorte à ce que leur pointe inférieure trempe dans un petit fond d’alcool (conseil de Jismy). J’aime y mettre du rhum péi, mais la vodka est aussi un excellent choix en raison de son goût neutre. Rajoutez simplement un petit peu d’alcool au fil de son évaporation, et vous pourrez conserver votre vanille quasi indéfiniment.

2. Du rhum et/ou du punch

Rhum – Almamat(t)ers
Rhum – Almamat(t)ers

Pourquoi?

Parce que le rhum dans les gâteaux, les bananes flambées ou les mojitos, c’est bon. Et que les mauvaises langues diront ce qu’elles voudront, mais rhum Charrette forever.

En plus il n’est pas cher et franchement, vous vous voyez confectionner un extrait de vanille Bourbon avec du rhum des Antilles? Non, voilà. (Cet argument implacable vous a été offert par mon chauvinisme.)

Où?

Ne vous cassez pas la tête, direction le supermarché. Les grandes surfaces de type Jumbo Score offrent le choix le plus large et diversifié d’alcools locaux. Du rhum ambré millésimé au goyavelet (liqueur de goyaviers), en passant par le punch coco ou fruit de la passion, vous êtes certains de trouver votre bonheur.

Comment?

Charrette, Isautier, Chatel… Les choix ne manquent pas. Si vous ramenez des piles plates en plastoc de chez Score pour aromatiser votre gâteau patates, je ne vous jugerai pas vu que je fais la même chose. Mais visez plutôt de la qualité, tant qu’à faire. Le meilleur rhum de la marque Charrette, 10 ans d’âge et vieilli en fût de [insérer le nom d’un bois qui claque et que j’ai oublié], est fantastique et ne vous coûtera pas plus de 30-40 euros le litre. Soit l’équivalent de 2 bouteilles de piquette en promo chez Métro, pensez-y bien.

En plus d’un ou deux bons alcools pour offrir et déguster, j’aime ramener 1 litre (ou quelques piles plates donc) de rhum blanc ou ambré basique, toujours utile pour cuisiner.

Bonus:  De la bière Dodo. Tant qu’on est au rayon alcools, raflez une ou 2 canettes de Dodo, encore mieux si elle est saisonnière (bière aux letchis de Noël par exemple). Et vous penserez à moi en savourant un verre bien frais avec des samoussas. Ou lorsque votre valise vous pètera à la face dans une explosion de mousse sur le tapis roulant, c’est selon. Mais il faut savoir vivre dangereusement n’est-ce pas?

Bonus 2: L’alcool, ce n’est pas votre tasse de thé (haha!) ? Gâtez-vous avec une limonade ou boisson sucrée bien chimique typique 974: Pokka pêche, letchis, mangue ou melon, Cot citron et consorts, etc.

3. Du piment

Crédit photo: Xuxu - Almamat(t)ers
Crédit photo : Xuxu – Almamat(t)ers

…et qui dit piment, dit piment la pâte! Deux ou trois (ou dix) de ces petits bocaux d’or vert ou rouge nationaux vous tiendront l’année et vous réchaufferont le cœur comme le gosier.

Pourquoi?

Un petit pot de pâte piment est léger, pratique, peu dispendieux, et contient juste assez de feu pour ajouter du piquant à vos plats sur une très longue période. Et franchement, si vous pensez pouvoir le remplacer sans problème par du piment en poudre, frais, chinois, d’Espelette (hahahaHAHA), vous vous fourrez le doigt dans l’œil (mais lavez-vous les mains avant).

Où?

Là, c’est à vous de voir: au supermarché, au marché, chez un petit revendeur/commerçant, au bord de la route, celui de votre Mémé/tonton/maman… Ma préférence va à la dernière option, surtout que la mienne fait un petit mélange maison agrémenté de gingembre, combava, sel de St-Leu et qui amarre bien la bouche.

Comment?

Assurez-vous que votre bocal ainsi que son emballage sont bien hermétiques. J’ai encore une paire de baskets qui fleurent bon le piment au bout de 3 ans (protéger des conserves mal scellées dans des chaussures: la fausse bonne idée).

Bonus: Des conserves de achards citrons, mangue ou légumes. J’en ramène rarement (mais j’apprécie toujours d’en recevoir dans les colis) car je me dis que c’est plus facile à trouver ou faire soi-même, mais au final je me prends toujours à regretter de n’avoir pas de petit achard citron bien acide, piquant et crémeux pour agrémenter mon riz chaud.

4. Du massalé et autres épices péi

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Pourquoi ?

Parce qu’à moins de le fabriquer vous-même, vous ne trouverez du massalé nulle part ailleurs. Ne vous fiez pas aux « massala powder » et autres faux amis, la ressemblance n’est que très vague. Et le goût inimitable du massalé péi, riche, profond, complexe, presque crémeux… Oté marmay!

Où?

Le massalé du commerce doit être ultra-frais car, comme toutes les épices, il perd de son caractère au fil du temps. On trouve de la poudre de massalé d’excellente qualité sur le marché, où vous pouvez en plus le humer avant achat. Si vous avez la chance de venir d’une famille qui confectionne le sien (ou d’en connaître une), c’est aussi une bonne option.

Comment?

Transporter du massalé est un exercice périlleux, notamment sur le plan olfactif. Pensez hermétique, pensez scotch, pensez quadruple couche de scotch, pensez ce-truc-ne-doit-absolument-entrer-en-contact-avec-aucune-autre-substance. Croyez-moi, le massalé est tenace, et si son arôme est délicieux dans un cari poids d’Cap, daube citrouilles ou avec son âme sœur le cabri, il le sera beaucoup moins dans vos petites culottes ou votre paquet de biscuits. Et que ce soit clair: l’odeur ne partira jamais.

Bonus: Curcuma, caloupilé, combava… Le curcuma est facile à trouver partout dans le monde (oui oui, même si le nôtre est meilleur), et le combava ainsi que le caloupilé peuvent se trouver à l’état frais dans de nombreux pays (cherchez ou demandez des kaffir leaves/limes et curry leaves dans les épiceries asiatiques ou indiennes), donc j’évite généralement de m’encombrer avec, surtout si la législation du pays d’arrivée est stricte en matière d’importation de végétaux et produits frais.

5. De la confiture de goyaviers

Confiture confiture goyavier
Confiture goyavier

D’une façon générale, les confitures sont tentantes mais elles pèsent lourd, se consomment rapidement et ne représentent pas un produit exceptionnel au point que ça vaille la peine de s’en encombrer. Exception faite pour l’amour de ma vie, j’ai nommé la confiture -ou la gelée- de goyaviers (j’en rapporte au moins un pot de chaque).

Pourquoi?

Déjà, parce que le goyavier (à ne pas confondre avec la goyave), et a fortiori ses produits dérivés, est un fruit quasi-inconnu au bataillon hors Mascareignes, à moins que vous ne viviez en Amérique du Sud. Son goût ne ressemble à nul autre et il est pour moi une véritable Madeleine de Proust. Mon enfance a été embaumée par les vapeurs échappées des marmites où mijotaient des heures durant ces baies rondes, rouges et acidulées avec du sucre de canne et de la vanille. Le liquide épais ainsi récolté et tamisé se transformait en gelée, et la pulpe devenait de la confiture. Leurs textures et leurs goûts diffèrent légèrement, et je les aime autant l’un que l’autre.

Parfait dans des crêpes, sur une tartine au petit-déjeuner, pour accompagner un gâteau patates ou même un plat de gibier.

Où ?

Bien sûr, la confiture ou la gelée de goyaviers maison sera toujours infiniment préférable à celle du commerce. Je connais peu de foyers réunionnais qui n’en confectionnent pas pour en garder quelques pots en réserve. Si vous êtes là en saison (juin-juillet-août), offrez-vous une petite séance de cueillette à la Plaine des Palmistes suivie d’une session de confitures maison 🙂

Plutôt que d’acheter celle, décevante et trop sucrée, des supermarchés, optez pour la confiture artisanale. Au Petit Marché à Saint-Denis (dans le centre-ville), vous trouverez une charmante petite boutique qui propose d’excellentes confitures et gelées. (J’ai oublié le nom de l’artisan, mais c’est écrit sur le pot que j’ai ramené à Lolo). Vous y trouverez aussi des cocktails merveilleux: vanille/patates douces, banane flambée au rhum, mangue, songe, etc. et oublierez comme moi toutes vos bonnes résolutions à propos de la confiture.

Comment?

A petite dose ou à petits pots! Encore une fois, pas besoin de surcharger vos valises avec  une tonne de bocaux.

Bonus: Si vous n’êtes pas trop confiture mais souhaitez quand même ramener un produit fruité, je vous conseille d’opter pour un assortiment de pâtes de fruits: letchis, ananas, mangue, papaye, coco, goyavier… vous aurez ainsi un échantillon de tous les fruits locaux sans le poids de la confiture ni les complications des fruits frais.

6.  Fruits frais: ananas, letchis, mangues

Crédit photo: Xuxu - Almamat(t)ers
Crédit photo : Xuxu – Almamat(t)ers

Pourquoi ?

Parce que les letchis et les mangues de La Réunion goûtent la joie et qu’ils ne s’exportent pas. Vous voulez déprimer un Réunionnais? Montrez-lui les « litchis » (ou pire, les « lychées ») rachitiques, bruns et secs qui hantent les étals métropolitains en décembre, ou faites-lui goûter une mangue jaune filasse et filandreuse, épuisée de son long voyage depuis Mexico. Une fois qu’on a goûté à un letchi ou à une mangue José-américaine-carotte-Heidi-Auguste… fraîchement cueillis en pleine saison, there’s no coming back.

Les ananas Victoria se trouvent en métropole (vérifiez la mention AOC) mais ils seront bien plus frais et moins coûteux si vous les ramenez vous-même.

Où?

Cueillez-les vous-même (en demandant l’autorisation au préalable bande de coquinous) ou allez au marché, en précisant au vendeur que c’est pour voyager. Ils ont l’habitude et vous conseilleront les produits et l’emballage appropriés.

Comment?

Réservé aux gens qui voyagent vers l’Europe ou autres contrées pas trop lointaines ni trop strictes sur l’importation de végétaux. Amis du Québec, oubliez: le voyage est hélas trop long et la qualité des fruits n’y survivra pas. Les letchis brunissent et sèchent à la vitesse de la lumière, les mangues s’abîment rapidement.

Je n’ai pas inclus les goyaviers ni les bananes péi: délicieux mais trop fragiles pour supporter le voyage. Et les longanis non plus mais c’est parce que les longanis, c’est dégueulasse.

7. De la pâte de tamarin

Pâte de tamarin – Almamat(t)ers

Pourquoi?

Ahhh, la pâte de tamarin, glorieux petit sachet carré que l’on perçait avec les dents pour en aspirer cette substance brune, sucrée, acidulée et piquante à la fois… Le tamarin est la saveur qui a bercé les goûters et les années collège/lycée de plusieurs générations de Réunionnais (ok, de la mienne en tout cas). Si un-e inconnu-e venait à m’offrir un sachet de pâte de tamarin au hasard d’une rue humide et froide de Wellington, il y aurait 9 chances sur 10 pour que je l’épouse.

Où?

Ti boutique chinois. Honnêtement je ne sais même pas d’où ça vient, qui les fabrique ni comment. Ce produit n’a ni marque, ni liste d’ingrédients, ni provenance connue. Si ça se trouve c’est du LSD en sachets que l’on fait bouffer aux jeunes Réunionnais depuis des décennies.

Tout ce que je sais c’est qu’on en trouve dans les petites boutiques (oui, tenues en général par des Asiatiques, c’est bien vous parlez créole) du coin, les snacks, les épiceries, et qu’ils coûtent une poignée de centimes le sachet.

8. Du café Bourbon Pointu

Café – Almamat(t)ers

Pourquoi?

Parce que c’est le produit de luxe ultime made in 974, un café d’une excellence rare que les Japonais s’arrachent paraît-il. Il est tellement précieux qu’on a réduit sa production à la portion congrue, dont la majorité est réservée à l’exportation.

Où ?

Dans les épiceries fines et les boutiques vendant des produits-souvenirs.

Comment?

En grains si possible, afin qu’il conserve son arôme plus longtemps (les amateurs de café hardcore à même d’apprécier ce grand cru vous jetteront votre moulu à la figure de toute façon). Cherchez bien la mention « Bourbon Pointu », car pas mal d’autres variétés de café sont produites localement.

Et sinon…

Crédit photo: Xuxu - Almamat(t)ers
Crédit photo : Xuxu – Almamat(t)ers

– Des conserves Royal Bourbon (pas la marque de croquettes hein, les plats cuisinés) ou des boîtes de mélange à gâteau Albius : je préfère cuisiner un plat frais ou tout simplement attendre pour en retrouver le goût. Mais, snobisme mis à part, se faire chauffer une boîte de rougail saucisses, cari canard, civet zourites ou grains cuisinés par un soir d’hiver paresseux, on ne peut nier que c’est un gros kif.

– Les plats cuisinés maisons et autres produits frais: On ne vas pas se mentir, on a tous déjà souri innocemment au douanier alors que notre valise était blindée de cari poulet ou de pâté créole glissé d’autorité par une matriarche peu soucieuse des législations sanitaires. (Une amie que je ne nommerai pas a déjà rapporté un poulet de grain rôti maison sur un vol de 12 heures.) Je garde un souvenir ému d’une froide matinée parisienne de janvier où j’ai englouti, à peine descendue de l’avion, un bánh chưng entier confectionné par ma Mémé. Mais l’opération reste périlleuse et le résultat pas trop garanti. Et ne pensez même pas à ramener votre américain-bouchons avec vous, surtout que c’est très facile à recréer soi-même.

– Les surgelés: Oui, les samoussas et les bouchons vont vous manquer. Mais plutôt que de briser la chaîne du froid en ramenant quelques paquets gustativement pas terribles, préparez-les vous-même (bien plus simple que ça n’en a l’air!) et congelez votre stock.

– Les conserves « sentimentales » : Je sais, je sais, les sardines Pilchards, la Dakatine et autres boîtes de beurre Sovaco vous arrachent des larmes de nostalgie, mais ça pèse lourd et ça ne sert pas à grand-chose. Et les bichiques en boîte ou desséchés, je l’ai fait une fois, on ne m’y reprendra plus jamais.

– Les chipettes et autres croupoux: Ils arriveront en miettes. Gardez ça pour votre prochain pique-nique ou pour saouler votre voisin au Cinépalmes.

– Les bonbons coco : Au-delà de quelques heures, le bonbon coco fait grise mine. Toute sa magie réside dans le fait d’être grignoté en plein soleil, dans l’odeur des poules, en foulant au pied des brèdes écrasées.

– Des lentilles de Cilaos, pois du Cap et autres grains: Bonne idée, si vous êtes vraiment fans et/ou avez du poids de bagages à revendre. Malgré mon amour immodéré pour les pois du Cap, je préfère garder de la place pour le reste et manger des haricots de Lima en attendant (c’est quasi la même chose).

– Du miel: Encore une fois, bonne idée, mais question de préférence personnelle. J’adore le miel de letchis crémeux mais, étant donné ma consommation de miel très parcimonieuse, je préfère en profiter pour goûter au miel artisanal du pays où je me trouve. Eh oui, le mal du pays a ses limites.

– Du chocolat Mascarin : Je l’écris pas trop fort parce que la Belge n’apprécierait pas. Notre chocolat est pas mauvais, mais de là à en ramener pour le brandir comme une spécialité locale, ne vous emballez pas.

– Des trucs médiocres du commerce, exemple: du pâté créole industriel. Ok, vous vous y êtes pris à la dernière minute et vous ne voulez pas rentrer les mains vides. Mais épargnez votre estomac et celui de vos proches: plutôt que de remplir vos valises de pseudo-délices artisanaux frelatés, reportez-vous à la liste ci-dessus ou optez plutôt pour de jolis objets d’artisanat (qui ne se mangent pas): un djembé ou un kayamb, une boîte sculptée, un panier tressé, une nappe, un étui à vanille, une cochonnerie de girafe en raphia pourquoi pas. Le Grand Marché à Saint-Denis en regorge (et oui, tout est fabriqué à Madagascar, c’est normal).

– Du sucre ou sirop de canne: J’aime bien rapporter des petits sachets comme ceux qu’on donne dans les cafés, mais sinon ça se trouve ailleurs et ça n’en vaut pas tellement la peine. Si vous voulez rapporter un produit de la canne, il y a toujours le rhum!

– Des recettes : En voilà une idée qu’elle est bonne 🙂 Notre gastronomie locale est incroyablement riche et diversifiée, alors les livres de recettes ne manquent pas, des piliers de la tradition aux classiques revisités. Mon dernier coup de cœur? Cuisine végétarienne de la Réunion, d’Anne-Isabelle Lucas. Profitez aussi de votre séjour, si vous le pouvez, pour noter les recettes de vos parents, taties, tontons, pépés, mémés, et même celles de la voisine experte ès ladilafés. Un jour, qui sait, vous mitonnerez leur cari ti jaques boucané avec émotion…

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2 Replies to “8 produits à ramener de la Réunion”

  1. Je suis tout à fait d’accord ! Le nombre de fois où je suis rentrée de vacances de La Réunion lorsque je vivais en Métropole avec 10 à 15kg de nourriture… Il faut bien se nourrir de nos ingrédients Péi 😉

    1. Haha quand on vit en métropole, les 15 kg de bouffe péi ça relève de l’indispensable du kit de survie émotionnel, je confirme 😉

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