Où manger en Nouvelle-Calédonie ? Partie 2/2: Province Sud et Province Nord

Bien sûr, Nouméa est une étape incontournable pour découvrir la Nouvelle-Calédonie. Pourtant elle ne représente pas à elle seule cette grande île aux visages multiples, loin s’en faut! Certes, l’offre en matière de restaurants se raréfie à mesure que l’on explore le reste de la Province Sud, et que l’on pousse dans le Nord. Mais c’est une excellente occasion de manger hors des sentiers battus…

  • Province Sud :

Tontouta :

O’ Jardin de Marie :

Gargote familiale essayée en désespoir de cause parce que le Simply était fermé et qu’on avait besoin d’un truc rapide et pas cher à grignoter sur la plage. (Quoi ? C’est de la critique relax ici, pas le guide Michelin). Frustrés de la salade tahitienne, on s’est donc rabattus sur les snacks simples et vite faits de Marie, qui propose sandwiches, salades et plats chauds sur place ou à emporter. Finalement, ce n’était ni simple (pénurie de pain) ni vite fait (30 minutes d’attente pour une malheureuse salade de thon). On ne va pas se mentir : c’était bon, pas cher et copieux, mais entre l’attente et le service pas très sympa, on n’y reviendra pas. Mon conseil : si le Simply Market est ouvert, prenez-vous une barquette de riz chaud, une autre de salade tahitienne de la marque Marlin Bleu, et roulez jeunesse.

On aime : La nourriture, pas mauvaise et abordable. La formule sur place (cadre plutôt sympa) ou à emporter. Note: l’établissement est situé non loin de l’aéroport, pas mal si vous avez un petit creux en arrivant (jusqu’à 15h seulement)

On aime moins : L’organisation pas super efficace niveau service et approvisionnement. Le service malaimable, les autres clients malaimables (Donnons-leur le bénéfice du doute, c’était peut-être juste un mauvais jour).

O’ Jardin de Marie

11-12, Lotissement Joseph R.T.1, 98840 Tontouta Tél: 83 07 20

Prix : $-$$

La Foa :

Chez Jasmin :

La Foa, avec son cinéma, sa boutique de matériel apicole et son choix délirant d’au moins trois restaurants, c’est un peu le Las Vegas de la Province Sud. Non je déconne. Mais Chez Jasmin, on mange très bien. Cuisine asiatique sans prétention, service adorable et chouette terrasse où l’on peut manger dans le calme. J’y ai goûté mon premier bami (possibilité de le demander sans viande, la patronne est arrangeante en plus d’être une chic fille, et tous les plats sont préparés minute), fameux plat indonésien à base de nouilles de riz, légumes, porc, poulet et fruits de mer. Il était très bon, comme les choix de mes comparses (poulet au caramel ou au gingembre). Et, cerise sur le gâteau, ils servent des oranges et des citrons givrés en dessert. Madeleine de Proust majeure !

On aime : L’honnêteté des plats, du service, du décor. Simple et bon du début à la fin.

On aime moins : Les MOUCHES ! Je sais que ce n’est pas de leur faute, et relativement inévitable sur une terrasse en été dans la région, mais tout de même très pénible.

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Bami aux crevettes, Chez Jasmin (La Foa)
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Nems en entrée, Chez Jasmin (La Foa)
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Orange givrée, Chez Jasmin (La Foa)

Chez Jasmin

RT1 – 98 880 La Foa Tél.:+687 44.55.70

Prix : $-$$

***

  • Province Nord :

Hienghène :

Koulnoué Village :

Lorsque l’on franchit le poétique Col des Roussettes, sur la transversale qui relie la Province Sud à la Province Nord, sincèrement, on ne s’attend plus à croiser foultitude d’établissements de luxe. Le Nord, c’est de la végétation luxuriante, des coucous nonchalants de la main à chaque passant, plein de chiens efflanqués très amicaux. Mais aussi un lagon de bout du monde, des collines en mica étincelant, des terres à perte de vue forgées par la culture des stockmen, ces cow-boys du Pacifique. Et bien sûr, le Nord, c’est l’âme kanake, les hectares de brousse où l’on ne soupçonnerait âme qui vive tant les habitants des tribus ont su cohabiter en harmonie avec leur environnement naturel. Il y a malgré tout, comme au Sud, des montagnes saignées à vif où l’extraction du nickel laisse des traînées rouges. Mais le paysage y donne l’illusion de résister encore un peu à l’envahisseur. Une découverte magnifique et probablement mon visage préféré de la Nouvelle-Calédonie.

Après notre première escale à la tribu de Naopémien, près de Poindimié, pour un mémorable baptême de bougna (billet à venir), nous nous sommes arrêtés pour la nuit à l’hôtel Koulnoué Village de Hienghène. L’objectif était très clair : profiter à fond de cette dernière nuit avec lit, douche chaude et nourriture-pas-de-camping (mon amour pour les sardines et la ratatouille en boîte a ses limites) avant une semaine de copinage avec les moustiques sous la tente.

Et, joie ultime, l’hôtel proposait le soir un buffet à volonté. Un buffet à volonté !!! Les buffets à volonté (j’ai dit qu’il s’agissait d’un buffet à volonté ?) ont sur moi peu ou prou le même effet que les bonbons à l’érable du Vermont ont sur Ross de la série Friends. Un pouvoir d’attraction irrésistible et un effet euphorisant un peu inquiétant.

Bref, le buffet à volonté du Koulnoué Village était plutôt sympa : des entrées fraîches, des grillades copieuses et quelques plats chauds, des desserts, un assortiment de pains… Rien de supra raffiné (en témoigne cette inénarrable création, la seule chose que j’aie pensé à immortaliser d’ailleurs de notre repas : la salade tomates-cheddar jaunes en tranches mou style Kraft Single, big up à toi gastronomie italienne). Mais très correct.

En revanche, le menu à la carte expérimenté le lendemain midi était plutôt moyen. En même temps je ne peux pas être objective, ayant fait une mystérieuse réaction allergique au « poisson à la polynésienne au lait de coco» (une salade tahitienne donc). Le plat était anormalement copieux, les morceaux de poisson absurdement gros. Et surtout, ils goûtaient un peu écœurant. Pas « écœurant » dans le sens québécois « formidable », mais dans le sens « si je finis ce plat au complet il se peut que je gerbe sur les claquettes de mon voisin ». Ayant un instinct de survie discutable, on l’a déjà mentionné, je me suis forcée à en manger la moitié parce qu’on m’a appris à ne pas gaspiller, et les petits enfants qui meurent de faim tout ça. J’ai ensuite eu la brillante idée de faire goûter à mon frère, qui a immédiatement recraché sa première bouchée (il est meilleur que moi en matière de survie). « Le lait de coco ou le poisson, c’est pas censé te picoter la langue et t’engourdir la bouche quand tu le manges hein » a-t-il sobrement déclaré avant de poursuivre la dégustation de sa salade César comme si de rien n’était.

Moins de dix minutes plus tard j’étais écarlate, les yeux injectés de sang, en proie à un mal de tête fulgurant, des démangeaisons généralisées et un gonflement lent mais sûr de mes voies respiratoires (il ne s’agissait pas d’un œdème de Quincke cependant). Mon frère a dégainé un antihistaminique assez puissant et j’ai pu recouvrer un épiderme et une respiration normaux en une demi-heure. (Je ne comprendrai jamais pourquoi ils ont refusé sa candidature à la saison 1 de Koh Lanta).

Bref, lâchez-vous lousse sur le buffet à volonté mais faites gaffe avec le poisson cru ou tout autre produit à risque. Et n’oubliez pas qu’en Nouvelle-Calédonie comme en d’autres endroits du monde, la gratte est un risque modéré mais réel.

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Le tomates-mozzarella c’est dépassé, vive le tomates-cheddar mou! (Koulnoué Village, Hienghène)

Koulnoué Village

R.M.4, Hienghéne 98815, Nouvelle-Calédonie Tél.:+687 24.24.77

Prix: $$

***

Poum :

Table d’hôte du camping Kejaon :

Les lagons translucides bordés de sable fin vous agacent ? Les couchers de lune diaphane dans le ciel pourpre de l’aube vous laissent de marbre ? L’atmosphère de paradis du bout du monde vous stresse et que vous n’aimez rien tant que le tumulte de Châtelet-les-Halles ou de Berri-Uqam à l’heure de pointe ? Fuyez ! Fuyez et ne vous retournez pas ! Vous allez détester Poum et surtout le cadre paisible et tropical du camping Kejaon. Que vous dormiez là-bas ou pas, les propriétaires font table d’hôte tous les soirs et les pensionnaires des campings avoisinants rappliquent (tout le monde a ses limites en matière de sardines en boîte).

Imaginez une longue table recouverte d’une nappe fleurie, des lumières douces, le floc-floc des vagues et la douce brise du soir dans les feuilles des cocotiers. Oh oui, le bon vieux cliché comme on les aime.

L’endroit est tenu par Charly et Jade, un couple franco-vietnamien qui s’attablera avec vous pour faire la causette en français, anglais et vietnamien (si le cœur vous en dit). C’est Jade qui cuisine, avec des produits locaux (très locaux : fruits de mer et poisson récoltés et pêchés à quelques mètres) et des saveurs métissées inspirées du Pacifique et de son Vietnam du Sud natal.

C’est frais, simple, goûteux et sain. Mention spéciale pour le dessert, parfait pour clore une  chaude soirée et une journée passée en mer : un pudding au tapioca, haricots et lait de coco, servi frais.

Pour la petite histoire, l’endroit n’est ouvert que depuis peu et Jade avait appris à cuisiner quelques semaines auparavant seulement, lors d’un voyage dans son pays natal. Bravo Jade ! 🙂

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Pudding aux haricots et lait de coco (Kejaon Camping & Table d’hôte, Poum)

Table d’hôte du Gîte camping Kejaon

BP 115 Route de Boat Pass, 98826 Poum Tél.: + (687) 900 555 Courriel: kejaon@gmail.com

« Kejaon est situé entre le village de Poum et la tribu de Tiabet en direction de Boat Pass, à l’extrémité du Grand Nord calédonien.  Après l’hôtel Malabou faites 7 km, à la fin des « montagnes Russes », prendre à droite à l’embranchement de Boat Pass,  et faire très exactement 15 km.  Kejaon se trouve  sur la gauche, avec des barrières en bois. »

Prix: $

***

Voh :

Ecomusée du café :

Il ne s’agit pas d’un restaurant mais il vaut le détour. Dans un décor paisible et verdoyant, ce petit écomusée rend hommage à la culture locale du café et propose d’en déguster une excellente tasse sur place, avec des douceurs maison, avant ou après la petite visite des expositions permanente et temporaire. Etant d’une rigueur journalistique extrême et d’une compétence hors pair en matière de café, j’ai oublié les noms, les explications et le pourquoi du comment. Sachez simplement que le personnel est de très bon conseil et que mon breuvage, siroté sur la terrasse en contemplant les caféiers, était divin. Si vous passez par Voh (et franchement ce serait dommage de ne pas y aller), allez-y sans hésiter !

café voh écomuséeEcomusée du Café de Voh

Au centre du village, tournez à gauche puis prenez la première rue à droite.

Adresse : BP 50 – 98333 Voh ; Courriel: ecomusee.cafe@gmail.com Tél.: 75 95 65

Prix: $

 

Prochainement sur Almamat(t)ers, on reste dans le Nord et on vous apprend à préparer un vrai, un authentique, un traditionnel bougna. Comme dirait l’autre : c’est choc !

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